L’INFRA-ORDINAIRE QUI NOUS LIE
A quoi sommes‑nous attachés dans nos espaces de vie ? Qu’est‑ce qui nous tient dans les territoires que nous habitons ? Quelle perte éprouvons‑nous lorsque nous les quittons ou lorsque nous assistons, impuissants, à leur disparition sous l’effet du changement global ?
On pense spontanément à ce qui relève du proche et de l’intime, là où se jouent nos scènes amoureuses, familiales, amicales, formatrices. Peut‑être aussi à ce qui s’inscrit dans un patrimoine collectif : bâtiments, places, paysages exceptionnels et symboliques.
Mais qu’en est‑il du banal, de ce qui nous entoure et que l’on ne voit plus ? De cet ordinaire qui compose nos espaces et échappe à notre attention ? De tout ce qui façonne nos environnements quotidiens et dont on ne se soucie pas ? De ce qui, jour après jour, est offert à notre sensibilité, inscrit dans nos habitudes, entremêlé à nos corps, mais que l’on ne réfléchit pas ?
Ne serait‑ce pas d’abord la perte de cet infra‑ordinaire dont parle Perec – ce milieu de vie, cette ambiance, cette humeur qui nous lient – qui nourrit mélancolie, nostalgie, solastalgie ? Ces maux altèrent notre puissance d’exister sans que nous puissions les associer à des objets précis, suscitant un sentiment d’absence diffus, vague, sans attache distincte.
Exploration photographique à Sète de cet infra‑ordinaire, au fil de déambulations entre lido et rives de l’étang de Thau à l’ouest, zones lagunaires et espaces industriels de Frontignan‑la‑Peyrade à l’est.

















